Open AI

OpenAI prend ses distances avec Apple et mise sur son propre appareil

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Escrito por Edu Diaz

janvier 15, 2026

Si vous suiviez le feuilleton des alliances dans l’industrie de l’IA, vous savez que Google et Apple se sont associés. Mais aujourd’hui, on observe un tournant intéressant : selon une information publiée par le Financial Times, OpenAI aurait choisi de ne pas s’associer à Apple, du moins dans l’optique de devenir son fournisseur « sur mesure » de modèles d’IA. Autrement dit, l’idée que l’iPhone et les autres appareils intègrent un modèle d’OpenAI comme « moteur officiel » semble s’être refroidie, par choix délibéré d’OpenAI.

L’article apporte une nuance clé pour comprendre ce mouvement : plutôt que de conclure un accord de cette ampleur, OpenAI donnerait la priorité au développement de son propre appareil d’IA, avec l’ambition de prendre de vitesse les géants de la tech. Et oui, on parle bien de matériel, pas d’une énième application. Le détail le plus savoureux ? Cet appareil, encore très mystérieux, serait conçu par Jony Ive, l’emblématique ex-responsable du design chez Apple.

OpenAI, toujours prudente lorsqu’il s’agit de stratégie d’entreprise, n’aurait fait aucun commentaire officiel à ce sujet. Malgré tout, une personne proche de la société aurait indiqué que la décision de ne pas devenir fournisseur personnalisé pour Apple a été prise délibérément à l’automne dernier.

Ce que signifie le fait qu’OpenAI ne veuille pas être le « modèle sur mesure » d’Apple

La révélation du Financial Times est assez précise : il ne s’agit pas tant de nier l’existence de discussions que d’éviter un rôle bien spécifique. Être le « custom model provider » d’Apple impliquerait, concrètement, de travailler pour que l’écosystème de la marque intègre un modèle d’OpenAI comme pièce maîtresse, adapté à des besoins internes, avec un niveau de dépendance et d’intégration profonde qui s’accompagne généralement de conditions, de priorités et de contraintes produit.

Dans ce type d’accord, l’entreprise qui contrôle la plateforme (Apple) impose le rythme : le calendrier, l’intégration et l’expérience finale sont subordonnés à la cohérence de l’écosystème, à sa narration et à ses règles de déploiement. Pour une entreprise comme OpenAI, qui cherche à définir le standard de l’interaction avec l’IA, endosser ce rôle peut être une arme à double tranchant : on gagne en diffusion, mais on cède la place sous les projecteurs.

Le texte laisse aussi place à une lecture importante : il est très probable qu’Apple et OpenAI aient abordé le sujet, mais on ne sait pas si Apple est allée jusqu’à proposer un contrat formel. La formulation laisse penser qu’OpenAI a pu refuser un accord déjà sur la table, mais une autre option plus subtile est tout aussi plausible : face à l’éventualité d’une offre, OpenAI avait déjà décidé de répondre non.

apple intelligence

Et pourquoi cette nuance est-elle importante ? Parce qu’il ne s’agit pas de la même chose de refuser un contrat précis et d’éviter, de manière stratégique, d’être lié à une intégration qui, une fois signée, a tendance à orienter la trajectoire pendant des années. Dans la tech, où les plateformes se transforment en cages dorées presque aussi vite que les cycles de hype, cette différence pèse plus qu’il n’y paraît.

Le plan alternatif : construire un appareil maison pour « sauter » par-dessus les géants de la tech

La partie la plus importante du rapport n’est pas seulement le « non » à Apple, mais le « oui » à un pari plus risqué : selon la même source, OpenAI se concentrerait sur le développement de son propre appareil d’IA, pensé pour prendre une longueur d’avance sur les géants du secteur. La formule utilisée — « leapfrog the big tech companies » — suggère une ambition claire : ne pas se battre uniquement sur le logiciel ou les services, mais définir une nouvelle manière d’interagir avec l’IA via le matériel.

Concrètement, cela change la donne : passer d’une technologie intégrée au smartphone, à l’ordinateur ou au navigateur du moment, à une expérience conçue dès le départ autour de l’appareil. C’est le genre d’initiative qui divise, mais qui s’inscrit aussi dans une industrie en quête de la prochaine interface dominante, au-delà des apps et des écrans tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Ce qui frappe le plus, c’est que l’appareil évoqué reste « mystérieux ». Aucune précision sur les caractéristiques, le format ni le calendrier : il n’y a donc pas lieu de spéculer sans base. En revanche, le fait que l’intention de construire un appareil propre soit explicitement mentionnée est déjà un indice sur la direction qu’OpenAI veut prendre : grandir non pas comme un « moteur invisible » au sein d’une autre plateforme, mais comme un acteur proposant un produit fini.

Par ailleurs, situer cette décision à l’automne dernier laisse penser à une démarche réfléchie, et non à une réaction improvisée à des rumeurs ou à des titres. Dans le secteur, quand il est question de matériel et de stratégie face aux géants de la tech, il y a généralement des mois (voire des années) de préparation derrière, même si le public n’en voit que la partie émergée.

Jony Ive au centre de l’attention : design industriel et un hardware encore à découvrir

Le rapport associe l’appareil à Jony Ive, l’ex-responsable du design chez Apple, qui a marqué l’histoire de l’entreprise avec des produits ayant défini l’esthétique technologique d’une génération. Son nom, à lui seul, ne garantit pas le succès, mais il suggère une intention nette : si OpenAI veut que le matériel soit au cœur de son approche, le design et l’expérience physique de l’appareil ne peuvent pas être un simple détail.

jony ive

Qu’une entreprise d’IA vise précisément un designer de ce profil renforce l’idée que l’appareil cherche à être autre chose qu’« une boîte avec des micros » ou un accessoire anecdotique. Et, en parallèle, cela rend plus compréhensible la prise de distance avec Apple : s’associer à l’entreprise de Cupertino peut ouvrir des portes, mais aussi en fermer d’autres… surtout si votre plan est de rivaliser avec une nouvelle catégorie de produit.

Quoi qu’il en soit, retenons ce que la source affirme : OpenAI n’aurait pas voulu devenir le fournisseur de modèles personnalisés d’Apple et concentrerait ses efforts sur la création de son propre appareil d’IA, conçu par Jony Ive. Le reste, pour l’instant, relève des attentes. Mais dans un marché où chacun veut être la « couche » qui contrôle l’expérience — du système d’exploitation à l’assistant —, la grande question s’impose : qui dominera la prochaine interface du quotidien, celle que nous utiliserons sans y penser, comme aujourd’hui nous déverrouillons notre téléphone presque par réflexe ?

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Edu Diaz

Cofondateur d'Actualapp et passionné d'innovation technologique, diplômé en histoire et programmeur de formation, j'allie rigueur académique et enthousiasme pour les dernières tendances technologiques. Blogueur technologique depuis plus de dix ans, mon objectif est de proposer un contenu pertinent et actuel sur ce sujet, avec une approche claire et accessible à tous. Outre ma passion pour la technologie, j'aime regarder des séries télévisées et partager mes opinions et recommandations. Et, bien sûr, j'ai un avis tranché sur la pizza : l'ananas est à proscrire. Rejoignez-moi dans ce voyage pour explorer le monde fascinant de la technologie et ses nombreuses applications au quotidien.